Historique
AIJ : le terminus
L’Assemblée interjurassienne a franchi à Delémont la ligne d’arrivée de son périple informationnel.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas attiré les foules. Les médias objectifs ont relevé la désaffection du public et noté la moyenne d’âge élevée des maigres auditoires, confirmant ainsi que la « question jurassienne » appartient à une époque révolue.
En réalité, au bilan, l’opération itinérante de l’AIJ est un flop retentissant. Dans le Jura bernois, la population a carrément boycotté les séances. Ce faisant, elle a manifesté sa claire désapprobation de la partialité de l‘AIJ et dénoncé l’insistance mise par le bloc des délégués annexionnistes à privilégier la dissolution de notre région dans un Etat dont elle ne veut en aucun cas.
Après son exhibition ratée, on ne peut que souhaiter à l’AIJ de se retirer de la scène avec dignité, en s’épargnant de délivrer au public un ultime message inspiré. Persévérerait-elle dans l’erreur que ce serait encore en pure perte.
Mal-en-point, qu’au moins vers sa fin prochaine l’AIJ ait l’honnêteté de reconnaître qu’elle a échoué à faire bouger les convictions dans le Jura bernois. Et qu’elle recommande aux fusionnistes de s’asseoir sur leurs illusions. Ce sera le meilleur de son œuvre.
Force démocratique
Le grand bide de l’AIJ
FD n’a pas eu à donner de mot d’ordre. La population du Jura bernois a spontanément boycotté les séances d’information de l’AIJ. Qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit là d’un acte politique remarqué et assumé.
A La Neuveville, Courtelary et même à Moutier, où M. Sierro a présidé une assemblée de militants racolés, de Béliers mobilisés, de mercenaires nordistes accourus en renfort, les chaises laissées vides sont emblématiques du Jura bernois protestant contre les intrigues de l’AIJ. La démonstration est significative d’une volonté inébranlable dont doivent s’aviser les forcenés d’un nouveau plébiscite. En s’abstenant d’AIJ, le Jura bernois a déjà voté ! Et confirmé ses décisions de toujours. Quant aux réunions, surtout fréquentées par d’anciens combattants du RJ, dans les trois chefs-lieux de district du Jura, elles ne pouvaient par impossible être interactives là où domine la pensée unique labellisée officielle.
De fait, l’opinion des annexionnistes importe peu ici. Ce que retient le Jura bernois, c’est que parvenue à son terme, la tournée de propagande de l’AIJ s’est soldée par un bide monumental. A se demander comment la Tripartite amortira les effets désastreux d’un naufrage aussi inévitable qu’il était prévisible. Elle ne pourra qu’officialiser l’échec de la malheureuse AIJ et en organiser la dissolution au plus vite.
Le Conseil fédéral et le Conseil-exécutif doivent déjà préparer cette échéance. N’ont-ils pas su, du jour où l’AIJ a troqué son bac à sable pour les palabres institutionnels, qu’elle devenait un problème politique à part entière ? Ce qui n’a pas manqué. Le Gouvernement jurassien, lui, n’a pas voulu le savoir.
Alors, comme souvent dans notre pays, on a confondu consensus et complaisance, opté pour ce qui semblait être le moindre mal, joué la montre.
En admettant que la parenthèse AIJ n’aura pas été totalement improductive, le moment de la refermer est arrivé. On n’est plus en 1994. Les hommes de l’Accord du 25 mars ont passé la main. En 2008, sans grand enthousiasme, le canton du Jura a célébré son 30e anniversaire. Dieu merci, le Jura bernois se porte bien en dépit des séparatistes qui persistent. C’est leur problème. Rien qui soit d’une portée telle qu’elle empêche qu’on remercie l’AIJ.
La société a changé, les attentes aussi, l’Accord de 1994 n’est pas une vache sacrée et nos autorités ont les meilleures cartes en main. Le temps de les abattre est venu.
Roland Benoit
